lundi 6 janvier 2014

Blog de Cédric et Baba pour la paix durable en RCA

Ils s'appellent Cédric Ouanekponé et Baba Mahamat, des amis de longue date(dix ans) devenus des frères au fil du temps, des leaders d’associations dont le Club RFI Bangui FONONON et FEED(Femme Enfant Environnement pour le Développement) . Pour contribuer au retour de la paix, ils éditent des articles sur le blog créé intitulé "Sauvons la Centrafrique du chaos". On retrouve dans ce blog des contributions, des analyses, des idées pour ramener la paix durable en Centrafrique.

Vous pouvez vous joindre à nous en contribuant ou en partageant le contenu de ce blog en cliquant sur ce lien:
http://cedricite.blogspot.com/

dimanche 5 janvier 2014

Une crise qui fait couler de l’encre sans crever l’abcès.

Il faut reconnaître que depuis le regain des violences à Bangui le 05 décembre concomitant au vote de la résolution 2127 du conseil de sécurité de l’ONU et le déploiement des soldats de l’opération Sangaris, il y a eu une augmentation du nombre des journalistes, reporters et envoyés spéciaux sur le sol centrafricain.  Ce qui est une bonne chose en soit puisqu’enfin ce pays souvent « oublié du monde » comme disait le Pape François à Noël lors de sa bénédiction urbi et orbi va être à la lumière avec ses interminables tragédies et luttes intestines dont sont victimes de milliers d’innocents. Pourtant, il semble se poser un réel problème : la plupart de ces observateurs ne semblent pas bien connaitre  vraiment eux-aussi ce pays dans sa singularité tout comme la communauté internationale.


La première erreur a été celle de sous-estimer les forces en présence en Centrafrique et leurs terribles capacités de nuisance. En effet, la communauté internationale qui a qualifié la situation en Centrafrique de « Pré-génocidaire » a malheureusement considéré les protagonistes sur terrain comme étant des « groupes de voyous » qui s’effaceront dès l’arrivée des forces étrangères. Hélas, l’effet dissuasif tant attendu n’a pas été obtenu. Pire, ces « groupes de voyous » qui ne connaissent pas de règles loyales inculquées aux militaires ont beaucoup à gagner puisqu’ils peuvent utiliser tous les stratagèmes mesquins mais pourtant efficaces (se confondre avec les populations, pousser les gens à vociférer…) à leur avantage. En plus, désarmer un Séléka qui a peut-être plusieurs cachettes d’armes ou qui peut utiliser un couteau ne sert à rien tout comme désarmer un anti-balaka qui peut utiliser une machette à la place de son kalachnikov.


La deuxième erreur a été d’assimiler Sangaris à Serval. Certes il y a quelques similitudes à l’instar de la nécessité d’intervenir pour faire face à l’effondrement d’une nation en voie de tomber dans les mains des criminels (djihadistes au Mali et mercenaires en Centrafrique) mais les différences sont aussi légion comme l’identification d’un ennemi précis au Mali alors qu’en RCA tout est confus…


La troisième erreur c’est d’oublier l’un des protagonistes, le plus important d’ailleurs : la haine ! En effet, la longue marginalisation des uns et les sempiternelles exactions des autres ont créé, alimenté et exacerbé la haine dans le cœur de bon nombre de centrafricains qui finissent par croupir dans la violence. Si, on n’inclut pas le désarmement de la haine dans les stratégies de la sortie de crise, on sera toujours à la case de départ.


La quatrième erreur est l’emploi à tort de l’expression « conflit interreligieux ». En effet, beaucoup aimeraient qu’il en soit ainsi ou qu’il en ait l’air pour qu’ils atteignent leurs objectifs lugubres. Pourtant lorsqu’on est attentif, on perçoit tout de suite les anti-balaka avec des amulettes tout comme les Sélékas pourtant ni la Bible ni le Coran l’enseignent. Faille t-il vraiment parler de chrétiens et musulmans ?



Enfin, une dernière erreur est celle de penser que la solution de la crise est militaire alors qu’elle est politique. A vous de développer !

vendredi 3 janvier 2014

« Incontrôlés », c’est le mot de l’année en Centrafrique

Comment ? Me diriez-vous ! Il suffit simplement de considérer cet adjectif comme étant l’épithète du nom « éléments » pour tout comprendre. En effet, selon les acteurs politiques en Centrafrique, de quelque bord soient-ils, le chaos dans le pays est l’œuvre d’ « éléments incontrôlés » lorsqu’on les interpelle sur la responsabilité de leurs hommes dans ce drame. 

Ainsi, depuis le début des évènements en décembre 2012, les responsables de la coalition Séléka imputent les exactions commises par cette coalition aux éléments incontrôlés jusqu’à un niveau où les gens commençaient à se demander à quand lesdits éléments seront-ils contrôlés.

Les milices anti-balakas qui se sont ensuite constitués pour contrecarrer les exactions de la Séléka ont elles-aussi excellé dans la violence qu’elles attribuent curieusement aux « éléments incontrôlés ».

Les semaines précédentes ont été marquées par des accrochages entre les forces de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA), on parle d’éléments Burundais et Tchadiens. Là encore, les responsables évoquent des « brebis galeuses », une manière de dire « éléments incontrôlés » qui est un terme désormais connu de tous les centrafricains même les plus analphabètes.

S’agit-il d’une fuite de responsabilité, d’excuse facile ou d’une manière de fuir la vérité ? A chacun d’y réfléchir. S’il y a donc un vœu à formuler aux acteurs qui agissent en Centrafrique pour cette année 2014 ce sera celui du contrôle parfait de leurs éléments, de leurs armes et de leurs machettes car on a déjà reçu notre dose d’ « éléments incontrôlés ».  

Que Dieu bénisse la Centrafrique !

Centrafricains, partageons-nous la responsabilité dans le drame de notre pays ?

Tant de questions ont effleuré mon esprit ces derniers temps me poussent à rédiger cet article. Des questions qui sont pour la plupart légitimes vu leur importance. Pour se relever de cette crise endémique, il faut repartir à la source. « Pour tuer un serpent, il faut couper sa tête ». Les Centrafricains de toutes les couches partagent-ils la responsabilité collective de notre drame ? Le conflit centrafricain est plus profond qu’il en à l’air. Il est béant. Il doit être vu et expliquer dans tous ses contours. Dans ce billet, nous tenterons d’expliquer un certain nombre de choses qui ont permis de creuser davantage notre tombe.

 Quelques compatriotes avaient déjà abordé ces constantes qui méritent d’être soulignées. Dans un article de notre confrère blogueurCentro, la crise centrafricaine résulte d’un complot international et la solution ne viendrait pas de cette communauté internationale, ces personnes qui se disent politiciens, de l’Union africaine ni de la CEEAC qui ne font que tergiverser. Le scénario est semblable à celui du Mali où plusieurs réunions avaient été convoquées (plus d’une dizaine) sans vraiment avancer dans résolution de la crise malienne. Il a fallu que la France intervienne et qu’aux côtés des troupes françaises, un contingent tchadien se décident de lancer l’assaut pour libérer le nord Mali des groupes djihadistes. En Centrafrique, déjà 5 réunions extraordinaires, plus de 6 mois et une force qui n’existe que sur le papier car le contour financier reste discutable. Les organisations sous-régionales, régionales et internationales se regardent sans se concerter réellement sur le financement de la Misca. Je partage cette analyse du fait que nous avons largement contribué en tant que Centrafricains à arriver à cette déconfiture où passer une nuit sans une mauvaise nouvelle du genre attaque à Bossangoa, pillage à Boye-Rabe, assassinat à Combattant devient quelque chose de normale.
La vie de chaque Centrafricain ne tient qu’à un fil qui peut être fendu à tout moment par la volonté d’une tierce personne. L’humain est animalisé, dépouillé de toute sa dignité. Qu’à cela ne tienne, la faute nous incombe, car en tant que patriotes, notre responsabilité première consiste à nous unir pour barrer la route à tous ceux qui s’opposent de quelque façon que ce soit, au développement de notre cher et tendre pays, un pays qui a brillé dans le passé. Nous avons non seulement assisté à cette lamentable situation, mais nous y avons largement contribué par la mauvaise foi, par nos sales besognes, par le manque de patriotisme. Chacun quel que soit son travail, a jeté l’huile sur le feu. Notre ignorance a été constante et elle est un effet boomerang.
Des faits qui parlent d’eux-mêmes

  • Lorsque nous avons décidé volontairement d’opter pour un régime basé sur le népotisme, le favoritisme, le clientélisme, le clanisme, ce n’est pas la faute à la communauté internationale.
  • Lorsque nous avons volontairement sacrifié l’éducation des Centrafricains en détournant les fonds destinés à réformer les systèmes éducatifs, à corrompre un système éducatif qui n’existait plus depuis plus d’une décennie, ce n’est pas la faute à l’Unesco.
  • Lorsque nous avons décidé volontairement de détruire l’armée, en favorisant le recrutement des proches et parents en son sein au lieu de réaliser un recrutement digne de ce nom en mettant en devant, les compétences et la bravoure, ce n’est pas la faute à la Fomac ni à la Misca.
  • Lorsque nous avons décidé d’aider ces étrangers qui se sont mis à piller, tuer, détruire les maisons par notre complicité en pointant du doigt les maisons, en profitant pour régler nos comptes, ce n’est pas la faute aux Tchadiens ni aux Soudanais;
  • Lorsque nos frontières sont d’une porosité extrême et que des groupes armés étrangers circulent en toute liberté sans pour autant être inquiétés, ce n’est pas la faute aux pays voisins ;
  • Lorsque nous avons décidé d’escroquer, en tant que chef militaire, les candidats au recrutement des militaires sous l’ancien régime et que ces candidats malheureux se retrouvant dans la Seleka en profitent pour se venger, ce n’est pas la faute d’une tierce personne ;
  • Lorsque nous avons décidé de créer les partis politiques pour ensuite sauter sur la première occasion pour entrer dans le gouvernement et rallier à la majorité présidentielle et perdre le chapeau de l’opposition en acceptant certaines pratiques non démocratiques et en privilégiant remplir nos poches au détriment du peuple que nous avons juré sur la tombe de nos ancêtres lors des discours creux et dénués de sens que nous allons le servir, ce n’est pas la faute au peuple qui a placé en  nous son espoir ;
  • Lorsque, au lieu de créer des entreprises afin d’embaucher des jeunes sans emploi, favoriser le développement socio-économique, nous avons jugé utile de créer des partis politiques qui « polluent » l’atmosphère politique en Centrafrique, ce n’est pas la faute à la France ;
  • Lorsque nous avons décidé d’aller vivre à l’étranger et de nous fier juste à des fameuses déclarations qui ne changent en rien la situation au lieu d’emboiter le pas aux initiateurs de URGENCE236 qui sont venus en aide aux populations affectées, ce n’est pas la faute aux organisations humanitaires.
  • Lorsque, nous avons décidé volontairement de regarder nos frères, peu importe leur région, leur ethnie, leur religion comme des étrangers, alors que ce sont aussi des Centrafricains comme nous, ce n’est pas la faute à la communauté internationale ;
  • Lorsque nous avons décidé d’aller voter pour un candidat parce qu’il est de notre ethnie, notre région, ou que nous avons reçu de l’argent et du matériel de sa part, ce n’est pas la faute aux observateurs internationaux ;
  • Lorsque nous acceptons de percevoir un billet de 5000 F Cfa pour endurer 5 ans de souffrance à raison de 1000 F Cfa par an, ce n’est pas la faute à l’Union européenne. Alors que nous pouvons opter comme Stephen King,  « La confiance de l’innocent est le meilleur atout du menteur», ôtons cette confiance aveugle aux politiciens et leur masque tombera toute seule.
  • Lorsque nous avons décidé d’ignorer ce qui se passe dans notre pays et vivre comme si de rien n’était en laissant nos pauvres parents pourrir comme des animaux, ce n’est pas la faute à la communauté internationale.
Alors Centrafricains, chers frères et sœurs, pourquoi imputer la responsabilité aux autres lorsque nous sommes, nous-mêmes à l’origine de notre drame. Nous avons toujours opté pour la facilité en rejetant la responsabilité sur les autres puisqu’il est facile d’accuser que de s’accuser.
Quand est-ce que nous allons ouvrir les yeux et comprendre que nous sommes responsables de ce qui se passe et que c’est par nos propres efforts que de la solution idoine et définitive jaillira la joie dans nos cœurs. Il est temps que nous changions, car « Les erreurs ont toujours été les plus grands professeurs» affirme François Gervais.

Si nous ne voulons pas que notre pays revive la même tragédie, c’est à nous de décider de tourner cette sombre page de notre histoire et décrire une autre page dont la base doit être la démocratie. Ce combat ne doit pas être solitaire, il faut qu’il y ait une révolution morale, car c’est elle la vraie révolution, ce n’est pas les armes qui vont faire changer les choses et là, nous avons eu suffisamment de preuves pour ne plus nous en dissuader.

jeudi 2 janvier 2014

Ne cédons pas à la haine!

En regardant attentivement la tragédie qui se déroule en Centrafrique depuis quelques mois, on se rend compte très vite que l’un des protagonistes du conflit est la haine. Ce mot est défini par le dictionnaire français Larousse comme « Sentiment qui porte une personne à souhaiter ou à faire du mal à une autre, ou à se réjouir de tout ce qui lui arrive de fâcheux ». Il est clair, net et limpide que ce sentiment est en train de gagner du terrain dans le cœur de nombreux centrafricains depuis le début de cette crise au point de rendre leur cœur impénétrable aux multiples appels des dignitaires religieux du pays toutes confessions religieuses confondues.Il faut reconnaître que plusieurs événements dont certains très anciens et d’autres récents ont alimenté la naissance de cette haine destructrice et son renforcement dans le cœur des centrafricains. Nombreux sont les centrafricains du nord qui se disaient marginalisés durant des décennies ainsi qu’une partie de la communauté musulmane qui se disait maltraitée (obtention de passeport ou de cartes d’identité nationale, raquette sur les routes…). La venue de la Séléka a ajouté son lot de catalyseurs : pillages, viols, massacres et exactions de tout genre en toute impunité et dirigés sélectivement contre les chrétiens à en croire ces derniers. La persistance des exactions, alors qu’il n y avait plus de belligérants en face dès la prise de Bangui, a jeté la quasi-totalité des centrafricains dans le désenchantement, eux qui pensaient revivre le coup d’Etat de 2003. Du coup, la Séléka et ses chefs tombent dans la disgrâce aux yeux des centrafricains allant d’impopularité en impopularité.  La constitution des milices d’auto-défenses anti-balakas avec son cortège d’exactions avec des représailles ont conduit les centrafricains au firmament de la haine faisant des voisins d’hier les ennemis d’aujourd’hui.   Et demain ? « La haine que les coeurs conservent au dedans Nourrit des feux cachés, mais d'autant plus ardents »disait Corneille. Musulmans et chrétiens sont appelés à vivre ensemble en Centrafrique demain comme hier mais tant que la haine demeure cette symbiose risque de rester à jamais qu’ une simple nostalgie. Alors, l’heure est aux gestes concrets  d’apaisement de la part de toutes les parties et cela passe nécessairement par la justice qui n’est autre que le fait de donner à chacun ce qui lui est dû ! Cela suppose l’arrêt totale des exactions afin de permettre aux uns et aux autres de faire leur deuil et de panser leur blessures afin qu’un pardon et une réconciliation soient possibles. Autrement, personne ne fera sien cette affirmation de POUSSIN « Au lieu de répondre par la haine à la haine que me portent mes rivaux, je sens que je dois me venger d'eux en leur faisant du bien et du plaisir ». Cultivons l’amour et la paix, chers compatriotes !

Centrafricains, évitons la désinformation sur les réseaux sociaux

La crise centrafricaine a mobilisé un nombre important de compatriotes notamment sur les réseaux sociaux. Une autre manière d’informer est née depuis la tragédie centrafricaine : la presse citoyenne. Les internautes centrafricains grâce  aux réseaux sociaux se tiennent informés régulièrement à travers Facebook, Twitter, … Ce qui est d’ailleurs très important. Seulement, certains en abusent pour publier des informations erronées et non vérifiées. La situation en Centrafrique est déjà très tendue, nous n’avons pas besoin de l’envenimer.

Mais si nous avons décidé tous de saisir cette opportunité que  nous offre le web 2.0, très peu d’entre nous en font bon usage. L’étape de vérification d’information censée très importante est souvent négligée pourtant une information sans vérification peut désinformer. Car la frontière entre informer objectivement, c’est-à-dire rendre compte avec  exactitude  de ce qui se passe dans une zone, un quartier et désinformer, c’est-à-dire balancer une information sans la « sourcer » au premier passage à tort ou à raison est très minime. La formation que j’ai reçue à Dakar, avec les autres Mondoblogueurs m’a permis de cerner le piège auquel nous pouvons nous heurter dans le traitement et la diffusion de l’information. La désinformation nous guette à tout moment, mais le professionnalisme voudrait que nous ne diffusions que des informations vérifiées.

Moins d’un mois après le coup d’État du 24 mars, l’un de mes meilleurs étudiants a perdu la vie à cause d’une rumeur infondée sur une possible extermination par les éléments de la Seleka de tous les hommes à Bangui. Ce dernier s’est noyé dans le fleuve du PK 9 à la sortie sud de Bangui, avec plusieurs autres habitants de Bangui qui tentaient comme lui de se mettre à l’abri. A cause de ces ragots, le pays a ainsi perdu de vaillants compatriotes. Il restera dans mes souvenirs pour toujours. Certains compatriotes avaient diffusé sur Internet que la pharmacie Sambo, la plus grande pharmacie de la Centrafrique avait été pillée et saccagée par les habitants du KM 5. Une information qui s’est révélée erronée La nouvelle a fait la « Une » de Facebook et il a fallu que la radio Ndeke fasse déplacer un de ses reporters pour la démentir.

Le vendredi 27 décembre 2013, comme si après plus d’une année de malheur, il fallait redonner le sourire aux Centrafricains, une rumeur folle a parcouru les réseaux sociaux annonçant la démission du président de la transition Michel Djotodia. Dans la soirée vers 19 heures, ce sont alors le porte-parole de la présidence Simplice Guy Koguede et le ministre centrafricain de la Communication Andrien Poussou qui démentiront cette information sur la démission du président.

Nous sommes tous sous le choc de ce qui se passe chez nous et c’est humain, car nous éprouvons des émotions. Nous pouvons être appelés à commenter un point de vue, une information, un fait, mais de grâce, n’oublions pas de spécifier les sources de nos informations pour ceux qui ne sont pas présents lors des faits, ou expliquer objectivement lorsque nous assistons aux scènes, il faut faire un vrai témoignage. Ne jetons pas de l’huile sur le feu, car la situation est déjà assez chaotique.

Il s’agit juste d’une contribution personnelle dans cette situation de crise que nous vivons de l’intérieur. Adopter ce principe nous permettra de mieux nous suivre les évènements  et de vivre la situation telle qu’elle est sur le terrain afin de rester en contact avec nos proches parents, amis et connaissances dans ce moment de descente aux enfers.

mercredi 1 janvier 2014

RCA: les ressortissants étrangers quittent le pays, que doit-on en comprendre?

Depuis le regain de violences en Centrafrique avec des exactions qui prennent désormais des connotations interconfessionnelles (musulmans et chrétiens), les ressortissants des pays voisins (Tchad, Sénégal, Nigéria...) en grande majorité des musulmans quittent le pays en cascade. Officiellement, c'est par crainte des représailles des milices chrétiennes (Anti-balakas) qui les assimileraient aux éléments de l'ex coalition Séléka. Mais beaucoup de centrafricains s'interrogent aussi sur ce qui adviendra après le départ de tous ces étrangers. Est-ce une stratégie pour apaiser la tension dans les coeurs des uns et des autres? Ou bien faille-t-il y voir une manœuvre lugubre pour transformer le pays en un véritable champ de bataille?  Les questions demeurent malheureusement sans réponse!